Dérootées – l’exposition !

CONTENU :

  • 8 panneaux « pays » au format A1 (téléchargeables ci-dessus) retraçant notre voyage (si on suit l’exposition dans le sens de la France vers la Turquie) ou bien le voyage des personnes en migration (si on suit l’exposition dans le sens de la Turquie vers la France)
  • Une série de dessins-caricatures réalisés par Refai Aknosh, journaliste et caricaturiste palestinien rencontré dans un camp de réfugié en Serbie, résidant aujourd’hui en Belgique
  • Une histoire rédigée par l’auteure syrienne Sohir Yagi, résidant à Istanbul.
  • Une chanson composée par Raouf Onex, rappeur algérien, et dont le clip est composé d’images d’archives de la frontière serbo-hongroise
  • Un témoignage vidéo de Mystê, activiste kurde syrien résidant aujourd’hui en France, sur la solidarité internationale envers les réfugiés à travers l’exemple de « l’Hôtel City Plaza » à Athènes.
  • Une entretien audio avec Yannick, militant camerounais résidant en France, qui analyse les paradoxes des politiques migratoires actuelles en France

=> Pour avoir accès aux dessins de Refai Ankosh, au texte de Sohir Yaghi et aux différents documents audio et vidéo, n’hésitez pas à nous contacter en commentaire.

Nous pouvons également nous déplacer (en emportant avec nous l’exposition imprimée) pour faire des interventions dans les classes ou lors de différents événements afin d’échanger autour de cette exposition !

Pourquoi cette exposition ?

Toutes les deux en formation pour devenir enseignantes, nous sommes très sensible à la question de la pédagogie, de la transmission et de la circulation du savoir. A quoi cela servirait-il d’avoir collecté toutes ces informations au long de notre voyage si ce n’est pas pour les diffuser aussi largement que possible ?

Le blog « dérootées » a longtemps été pour nous un moyen de diffuser librement les informations que nous collections sur le terrain. Nous avons également déjà eu l’occasion d’intervenir dans des classes de lycée pour témoigner de notre voyage et de notre expérience dans les zones de frontières, au contact des personnes qui en subissaient les conséquences.

Grâce à l’Association Accueil Azun, nous avons eu l’opportunité en juin 2021 de travailler sous un nouveau format : celui de l’exposition. Pour nous, cela a immédiatement fait sens, car elle pourra être itinérante tout comme nous l’avons été, allant « à la rencontre » des gens, des classes scolaires, et favorisant les échanges. Cette exposition est un projet collaboratif, qui a été pour nous un merveilleux prétexte pour reprendre contact avec de nombreuses personnes amies croisées durant ces voyages en miroir : la manière dont nous l’avons montée, à plusieurs voix depuis plusieurs pays, est exactement à l’image des liens de solidarité internationale dont nous cherchons à rendre compte.

L’exposition : un outil pédagogique pour parler des migrations

Cette exposition est plutôt destinée à des publics adultes, étudiants ou lycéens (1ère – Terminale). Elle a pour objectif de multiplier les supports (BD, cartes, photographies, vidéos, audios) pour raconter et rendre visible pour un public français ce qui se passe un peu loin de chez nous, aux confins frontaliers de la France et de l’Europe, et dont on ne voit souvent que ce que les médias veulent en montrer à travers une lorgnette déformée.

Dans un cadre scolaire, l’exposition peut être mobilisée de manière transversales dans plusieurs disciplines : histoire-géo, EMC, science politique, français, arts plastiques, langues… Bien que l’exposition reste centrée sur les thèmes principaux de notre blog, à savoir la migration forcée, les politiques migratoires et les frontières à travers l’Europe, elle peut aussi être mobilisée pour parler d’autres sujets connexes : le voyage, le tourisme (mis en miroir de la migration forcée), l’engagement citoyen à travers l’exemple de la solidarité, l’itinérance, l’exil, la guerre et la violence, la construction européenne et les relations internationales, la question du racisme et de la peur de « l’étranger », la question de l’accueil, l’enfermement et les camps, le lien entre art et migration (à travers les contributions de Refai, Sohir et Raouf), les rencontres entre différentes cultures (à travers le témoignage de Mistê)…

Nous pouvons également échanger avec les élèves sur les outils que nous avons utilisés pour rendre compte de notre expérience, et qu’ils et elles peuvent ensuite s’approprier dans le cadre d’un projet créatif : comment faire des cartes mentales, comment faire un blog, comment faire un reportage, comment faire une expo, comment faire une vidéo, etc.

Nos partis pris

Notre point de vue peut être qualifié d’engagé, dans la mesure où il s’ancre, en effet, dans l’expérience de notre engagement quotidien auprès des personnes en exil. Nous avons une position qui consiste à dénoncer clairement les politiques migratoires européennes (et françaises !), parce que nous avons observé leurs effets sur les personnes qui les subissent. Pourtant, en mettant en avant ce regard-là sur la question migratoire, notre but est moins de chercher à convaincre à tout prix qu’à sortir des idées toutes faites, ouvrir des débats et lancer de nouvelles discussions et nous sommes tout à fait prêtes à dialoguer sur ces sujets.


Nous avons conscience de parler de réalités très violentes, mais nous espérons le faire d’une manière qui éveille le sens critique plutôt qu’un sentiment d’impuissance – car les moyens d’agir sont nombreux !


Pour cette raison, nous avons fait le choix de très peu emprunter les mots qui reviennent souvent dans le débat public sur les migrations, tels que « flux », « jungle », et même « migrants » : ces mots sont chargés de représentations négatives et tendent à déshumaniser les personnes dont il est question. Enrichir notre vocabulaire en variant les termes est un enjeu très important pour sortir du cadre de représentations posé par un débat public qui se fait totalement
en l’absence des personnes concernées et au service d’intérêts politiques dont le but est de stigmatiser certaines populations.


Pour cette raison également, nous choisissons de ne pas nous focaliser sur des réalités assez marginales qui occupent une place totalement disproportionnée dans les discours politiques et médiatiques sur les migrations : ainsi, nous ne parlons ni des « réseaux de passeurs », ni des mobilisations locales hostiles à l’arrivée des personnes étrangères. Nous préférons détourner le
regard vers la fabrique des politiques migratoires et leur évolution des dernières années : nous parlons ainsi d’autres sujets qui sont beaucoup moins « connus », notamment les centres de rétention et les politiques de coopération entre l’Union Européenne et les pays d’origine et de transit des personnes en migration outre-Méditerranée. Nous nous intéressons également aux solidarités qui émergent partout en Europe, à la dimension à la fois locale et internationale de cette solidarité, pour montrer qu’il s’agit d’un vrai mouvement global de mobilisation citoyenne.

Nous faisons attention à ne jamais présenter les personnes en exil comme des victimes, mais au contraire comme des acteurs et actrices, à la fois de leur propre migration, mais aussi de la solidarité et des luttes contre la répression qu’ils et elles subissent. Nous utilisons l’écriture inclusive pour rappeler que les femmes représentent la moitié des personnes rencontrées sur les routes de l’exil.


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